
La Haute autorité de l’audit (H2A) a publié une position relative aux communications publiques portant sur l’outil de sondage « Pack Sondages ». Cette prise de position vise à encadrer les modalités de présentation, de promotion et d’utilisation de cet outil dans l’écosystème de l’audit légal afin de préserver l’information du public, éviter toute présentation trompeuse des travaux d’audit et garantir le respect des normes professionnelles et des exigences d’indépendance. Les responsables conformité, contrôle interne et déontologie au sein des cabinets et entités auditées doivent adapter leurs politiques de communication, leurs dispositifs de contrôle ex ante/ex post et leurs formations internes pour sécuriser les usages et éviter toute confusion entre la valeur probante d’un sondage et les conclusions d’un audit réalisé selon les normes professionnelles applicables.
La H2A, autorité publique indépendante en charge de la supervision de l’audit légal en France, intervient lorsqu’un message public – communiqué, site web, réseaux sociaux, supports commerciaux ou pédagogiques – est susceptible d’induire en erreur sur la portée, la méthodologie ou les conclusions des travaux d’audit. L’outil « Pack Sondages » est un dispositif de recueil d’opinions ou de données déclaratives. Il ne constitue ni une procédure d’audit au sens des normes professionnelles, ni un substitut aux diligences requises par les normes d’audit, de déontologie et d’indépendance. La position publiée par la H2A rappelle les exigences de clarté, d’exactitude, de proportionnalité et d’absence d’allégation non étayée dans toute communication publique qui y fait référence.
1) Distinction nette entre sondage et audit
Un sondage mesure des perceptions, des intentions ou des déclarations. Un audit légal, lui, repose sur des procédures normalisées, un jugement professionnel, des tests, des revues analytiques et des éléments probants suffisants et appropriés. Toute communication doit éviter d’assimiler des résultats de sondage à des « conclusions d’audit ».
2) Interdiction des formulations ambiguës
Les expressions suggérant une validation, certification ou assurance par l’auditeur à partir d’un sondage (« audité », « certifié », « conforme aux normes ») sont proscrites dès lors qu’aucune mission d’audit au sens des normes n’a été conduite. Les qualificatifs doivent rester strictement descriptifs (« enquête déclarative », « panel interrogé », « résultats non extrapolés »).
3) Transparence méthodologique
Les communications doivent préciser la finalité du sondage, les populations ciblées, les modalités d’échantillonnage, les limites statistiques (biais potentiels, non-réponses), l’absence d’assurance raisonnable ou limitée au sens des normes d’audit, et l’impossibilité d’extrapoler de façon générale si les conditions scientifiques ne sont pas réunies.
4) Gouvernance et indépendance
Lorsque l’outil est utilisé par un cabinet d’audit ou promu par une entité auditée, il convient d’évaluer les risques d’atteinte à l’indépendance, de confusion des rôles (audit vs services non-audit), et les conflits d’intérêts potentiels liés à la commercialisation ou la recommandation de l’outil.
5) Traçabilité et contrôle interne
Les supports publics (pages web, plaquettes, posts) doivent être relus par la fonction Conformité/Déontologie avant publication, archivés, et soumis à des contrôles périodiques. Les écarts détectés donnent lieu à corrections rapides et, le cas échéant, à notifications internes.
Pour les compliance officers et responsables de contrôle interne des cabinets d’audit, de cabinets de conseil limitrophes et des entités auditées, la position de la H2A implique une mise à jour des cartographies de risques de communication, des politiques marketing et des revues de conformité sur les contenus digitaux. Elle requiert la mise en place de garde-fous rédactionnels, de mentions standardisées et d’un dispositif de validation préalable. Les directions juridiques et déontologie doivent prévoir des clauses contractuelles et chartes d’usage précisant la frontière entre communication institutionnelle et information susceptible d’induire une apparence d’assurance d’audit.
Mentions minimales recommandées
- Nature déclarative des données et limites inhérentes (biais, non-vérification indépendante).
- Absence d’assurance au sens des normes d’audit et distinction avec une mission d’audit ou d’examen limité.
- Périmètre, période et population visée, sans extrapolation non justifiée.
- Objectif informatif/exploratoire, sans assimilation à des conclusions d’audit.
Charte interne de validation
- Relecture systématique par Conformité/Déontologie avant diffusion.
- Liste de termes proscrits (ex. « validé par l’audit », « certifié ») et de formulations autorisées.
- Archivage des versions publiées et des preuves de contrôles.
- Processus d’escalade en cas de doute ou d’incident de communication.
Formation et sensibilisation
- Modules courts pour marketing, communication, experts métiers, associés signataires.
- Bibliothèque de modèles conformes (landing pages, posts, infographies).
- Cas pratiques sur « ce qu’il faut dire/ne pas dire » et rappels sur l’indépendance.
Risque réglementaire : mise en cause par l’autorité en cas de message trompeur sur la portée d’un sondage, surtout si présenté comme équivalent à une opinion d’audit.
Risque de réputation : perte de confiance des parties prenantes si la communication prête à confusion ou suggère des diligences non réalisées.
Risque contractuel : contestations de clients/tiers s’estimant induits en erreur par une présentation excessive des résultats.
Risque d’indépendance : cumul confusionnel entre services d’audit et services annexes, notamment si l’outil est couplé à des offres commerciales.
- Vérifier la qualification exacte du contenu (« sondage » vs « audit »).
- Insérer les avertissements sur l’absence d’assurance et les limites méthodologiques.
- Bannir les assertions de conformité aux normes d’audit si aucune mission n’a été conduite.
- Limiter les comparaisons chiffrées si la robustesse statistique n’est pas démontrée.
- Documenter la relecture par Conformité/Déontologie et l’archivage.
Si le « Pack Sondages » collecte des données personnelles, les obligations RGPD s’appliquent (base légale, information, minimisation, sécurité, DPA, conservation, droits). Les communications publiques ne doivent pas créer d’ambiguïté sur la finalité des traitements ni sur l’identité du responsable de traitement. Les tableaux de bord internes doivent intégrer des contrôles de licéité et des audits réguliers de sécurité, avec une attention particulière aux flux hors UE, aux sous-traitants et à la pseudonymisation/anonymisation effective.
La direction Conformité et la ligne managériale doivent endosser la responsabilité du dispositif de communication responsable, avec des indicateurs de performance (taux de non-conformité éditoriale, délais de correction, incidents évités) et des revues trimestrielles. Un comité éditorial réunissant Conformité, Juridique, Déontologie, Marketing et IT permet d’aligner discours, canaux, et exigences normatives de l’audit légal.
La position de la H2A vient rappeler un principe fondamental : un sondage, même outillé et utile à des fins d’insight, ne doit jamais être présenté comme un produit d’assurance ou d’audit. En structurant les communications publiques autour de la transparence, de l’exactitude et de la proportionnalité, les organisations protègent leurs parties prenantes et leur propre crédibilité. Les compliance officers disposent ici d’un levier concret pour harmoniser les pratiques, renforcer les contrôles et prévenir les risques de confusion entre démarche déclarative et opinion d’audit.
- Établir une liste rouge/verte de formulations autorisées et interdites, avec exemples concrets.
- Mettre en place une validation Conformité/Déontologie obligatoire pour toute publication mentionnant « Pack Sondages ».
- Ajouter des mentions standardisées sur la nature non-assurantielle des sondages et leurs limites méthodologiques.
- Former marketing/BD/associés à la distinction « sondage » vs « audit » et aux risques d’indépendance.
- Suivre des KPI de conformité éditoriale et prévoir un plan de remédiation rapide en cas d’écart.

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