Vœux 2026 de Tracfin : cap LCB-FT et priorités

Christophe BARDY - GRACES community
5/1/2026
Propulsé par Virginie
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Vœux 2026 de Tracfin : un signal institutionnel et opérationnel pour les acteurs LCB-FT


Tracfin a adressé ses vœux pour l’année 2026 à l’ensemble de ses abonnés et partenaires via une publication LinkedIn datée du 31 décembre 2025. Ce message, bien que formel, réaffirme la centralité du dispositif français de Lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LCB-FT) et l’importance des partenariats opérationnels avec les professionnels déclarants (banques, assurances, PSP, CIF, notaires, avocats soumis, experts-comptables, jeux, immobilier, crypto-acteurs, etc.).


Ce que cela implique pour les Compliance Officers

Au-delà du caractère protocolaire, ce type de communication institutionnelle en tout début d’exercice est souvent l’occasion d’anticiper les priorités opérationnelles de l’année : qualité des déclarations de soupçon, délais de transmission, exploitation des signaux faibles, coopération public-privé, et montée en maturité des dispositifs de connaissance client (KYC), de vigilance renforcée (EDD) et de suivi des opérations (transaction monitoring). Les équipes conformité gagneront à caler leur feuille de route 2026 sur ces axes, en consolidant la gouvernance LCB-FT, les contrôles de premier et de second niveau, et les indicateurs d’efficacité.


Axes prioritaires LCB-FT à l’orée de 2026

Les thèmes récurrents adressés par Tracfin dans ses communications et rapports antérieurs donnent des repères : pertinence des critères d’alerte, qualité des narratifs et pièces justificatives dans les déclarations, gestion des risques émergents (fraudes hybrides, crypto-actifs, fraude à la TVA, détournements d’aides publiques), ainsi que le renforcement de la conformité des professions réglementées et des prestataires de services de paiement. En 2026, l’enjeu est d’aligner l’évaluation des risques (cartographie) avec l’exposition réelle, de réduire les faux positifs, et d’améliorer la traçabilité des analyses.


Structurer votre dispositif LCB-FT en 2026

Pour transformer un vœu institutionnel en levier opérationnel, une démarche intégrée s’impose : mettre à jour la cartographie des risques au regard des schémas observés l’année précédente, durcir la vigilance sur les segments à risque élevé, et revisiter la boucle complète du contrôle interne (1er/2e/3e niveaux). En parallèle, l’optimisation des processus de déclaration (qualité, complétude, délais) et la professionnalisation de l’analyse des alertes permettent de maximiser l’utilité opérationnelle des signalements transmis à Tracfin.


Qualité des déclarations de soupçon : points de vigilance

Une déclaration de qualité repose sur : un récit factuel, chronologique et synthétique ; l’explicitation des signaux et des corrélations ; l’annexion des justificatifs clés ; l’identification du bénéficiaire effectif et des flux connexes ; et la clarté des mesures conservatoires (blocage, refus d’opération, rupture de relation, etc.) quand elles sont déclenchées conformément au cadre légal applicable. En 2026, l’objectif est de réduire le bruit en amont par une meilleure calibration des règles, tout en haussant le « taux de valeur » des déclarations.


Cartographie des risques et gouvernance

La cartographie doit combiner l’approche par scénarios (par produits, canaux, clientèles, zones géographiques) et par données empiriques (taux d’alertes pertinentes, cas Tracfin, incidents). La gouvernance rattache des seuils de tolérance, des indicateurs d’appétence au risque, et un plan d’actions priorisé, supervisé par le COMEX et l’organe de surveillance. Un calendrier 2026 cadencé par trimestres facilite le pilotage et l’alignement avec les contrôles permanents et périodiques.


Technologie et efficacité opérationnelle

La combinaison des règles déterministes, des scores ML supervisés, et des contrôles de cohérence KYC-KYB contribue à élever le rappel tout en contenant les faux positifs. Les contrôles de qualité des données (complet, exact, à jour) sont essentiels ; l’adoption d’indicateurs de latence (délai d’alerte à décision) et de précision (taux d’alertes utiles) permet de piloter la performance du dispositif.


Formation, culture et contrôles

Des formations ciblées par ligne métier, des examens de conformité réguliers, et des tests de pénétration des processus (walkthroughs) renforcent la résilience du dispositif. Les plans de contrôle doivent incrémenter des contrôles thématiques 2026 : crypto-actifs, prestataires tiers, e-commerce transfrontalier, cash-intensive, et monitoring des flux instants.


Quelques pistes pour l’intégration opérationnelle dans votre dispositif :

  • Mettre à jour la cartographie des risques LCB-FT et les scénarios d’alerte prioritaires d’ici fin T1 2026.
  • Renforcer la qualité des déclarations : trame standardisée, pièces probantes, KPIs de complétude et de délai.
  • Optimiser le monitoring : recalibrage des règles, revue des seuils, échantillonnage statistique mensuel.
  • Structurer la gouvernance : instances trimestrielles, seuils d’appétence, plan d’action rattaché au COMEX.
  • Former les premières lignes : modules ciblés par risques, cas pratiques récents, contrôles d’acquisition.
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